Le départ de la première manche de la Solo Guy Cotten a été donné ce matin à 10 heures au large de Concarneau. Les skippers se sont élancés sur un parcours côtier de 31 milles nautiques, autour de l’archipel des Glénan, dans des conditions de vent particulièrement faibles qui devraient rendre la course très tactique. 

Avant de s’élancer sur le Tour des Glénan, plusieurs skippers ont partagé leurs impressions au ponton.

Quentin Mocudet (Saveurs et Délices)

« Je suis très content d’être là. Je ne me sens pas trop mal : le bateau est prêt en tout cas, donc ça c’est rassurant. Même si je n’ai pas eu le temps de beaucoup m’entraîner, le bateau est prêt et moi aussi. Le principal, c’est quand même de finir la course et de faire le mieux possible. On verra ensuite pour le résultat. Je ne sais pas encore si je préfère la pétole ou le vent fort. On a eu beaucoup d’entraînements dans du vent fort, donc j’ai certaines certitudes sur la manière de faire fonctionner le bateau dans ces conditions. Après, en solitaire, ce sera différent. La pétole, je ne la connais pas encore trop en Figaro, donc on va découvrir aujourd’hui. »

Thomas De Dinechin (Almond for Pure Ocean)

« Globalement, on part sur une journée de petit temps. Il y a un front qui doit passer dans la journée. Ce genre de front amène souvent de la pluie et des nuages assez lourds : c’est un mélange d’air chaud et d’air froid. Le problème, c’est qu’en arrivant sur la côte il peut mourir ou stagner, donc on ne sait pas exactement comment il va évoluer. Ce qu’il faudra regarder aujourd’hui est simple : s’il pleut ici, c’est que le front nous passe dessus, et dans ce cas il faudra aller dans l’ouest ; s’il ne pleut pas, il faudra continuer la route. Si le front ne passe pas, on va partir dans 3 à 4 nœuds et on espère avoir 6 à 7 nœuds ensuite.

Peut-être qu’il faudra faire la chasse aux algues : on a eu un hiver très pluvieux, donc il peut aussi y avoir des branches ou des troncs. Il faudra aussi faire attention autour des Glénan : les casiers, les cailloux… et les 40 bateaux autour de soi. J’aimerais bien verrouiller un top 10. J’avais fait 9e l’année dernière, donc rester dans cette zone serait bien. Mais le niveau de la flotte monte encore cette année avec pas mal de marins expérimentés. Sécuriser un top 10 en début de saison serait déjà très bien, et si je peux frôler le top 5, ce serait parfait. »

Marie Gendron (Kereis – SNCF Voyageurs)

« Je suis déjà contente que la météo soit calme, et surtout j’ai hâte de voir ce que donnent les entraînements que je fais depuis un an. Participer pour la première fois en Figaro est déjà un objectif en soi. Si je peux être bien placée chez les bizuths, voire monter sur le podium bizuth, ce serait la cerise sur le gâteau. Ici le niveau est incroyable. Je viens plutôt du large avec la Mini Transat que de la régate pure, et c’est justement ce que je viens apprendre : la tactique par rapport aux autres bateaux, leurs placements, leurs trajectoires. Dans le petit temps je me sens à l’aise, mais quand le vent monte le bateau devient très exigeant physiquement. Pour l’instant je suis encore dans une phase d’apprentissage. »

Léo Bothorel (La Fresque du Climat)

« On a surtout très peu de vent le matin. Une dépression envoie un grand front, mais avec très peu de différence de pression atmosphérique. Du coup, ce matin il n’y aura presque pas de vent. Sur la ligne de départ, il y aura autour de 4 nœuds. Heureusement, les coefficients de marée ne sont pas très forts. Mais avec 40 bateaux, même dans peu de vent, le départ est crucial : il faut éviter le vent perturbé des adversaires. Mon objectif sera donc de bien m’appliquer sur le départ et de faire la route proprement dès le début.
Ensuite, le front devrait passer sur nous : on aura probablement un peu de pluie, puis normalement du soleil et du vent derrière. On peut donc s’attendre à un début de course un peu chaotique. Il faudra faire des choses simples. La deuxième partie de la journée devrait être plus régulière. Mon objectif est de continuer à naviguer, progresser et m’inscrire dans la durée sur le circuit Figaro. Je vise un projet sur trois ans, jusqu’en 2028. Ce n’est pas forcément une année avec des objectifs de résultats immédiats, mais plutôt une progression continue. Parmi les favoris, je dirais déjà ceux qui étaient solides l’année dernière : Tom Goron, Arnaud Biston… et d’autres. Ensuite il y a aussi ceux qui reviennent avec une grande expérience du large. Dans des conditions légères comme aujourd’hui, la science de la météo peut faire beaucoup. C’est super de naviguer contre eux et c’est aussi très bon signe pour la classe Figaro : cela montre que le circuit attire toujours autant. »

Jérémie Beyou (Beyou Racing)

« C’est toujours le même stress avant le départ : la routine du matin, vérifier la ligne, regarder s’il y aura du vent — surtout qu’aujourd’hui ça s’annonce très léger. Comme je suis peut-être un peu moins fort techniquement que certaines références de la classe, moins de vent peut m’aider sur les manœuvres, même si le côté aléatoire n’est jamais très confortable. J’avais navigué la première année en Figaro 3, mais ça commence à dater : à l’époque on cherchait encore les bons réglages, alors qu’aujourd’hui tout le monde est très affûté. Il faut se remettre dans le bain et comprendre pourquoi les autres font certains choix. Certaines choses ne s’oublient pas, comme prendre un départ ou se placer par rapport aux autres. Quand j’ai le temps de bien régler le bateau, je peux aller à la même vitesse que les meilleurs, mais eux vont très vite en permanence. Moi c’est encore irrégulier : je peux faire de très bonnes choses comme de mauvaises. L’objectif est d’arriver à lisser tout ça et d’enchaîner un parcours propre. »

Lola Billy (Région Bretagne CMB – Oceane) : « Je suis un peu stressée et excitée sur cette première course de la saison. Il n’y a pas beaucoup de vent et on a envie de valider tout le travail de l’hiver avec le Pôle Finistère Course au Large. J’ai hâte de me jauger sur ce nouveau plateau de jeu. Les fichiers ne concordent pas, il va falloir être à l’affût du positionnement pour trouver du vent frais. Il y a aussi beaucoup de bateaux, ça promet un match intéressant. »

Nicolas Lunven (PRB) : « Aujourd’hui, on part pour un grand parcours : le tour des Glénan. Les conditions sont assez particulières, il n’y a pas beaucoup de vent ce matin. Le plan d’eau est très calme dans le port, et il y a de fortes chances que cela reste comme ça une bonne partie de la journée. Ça va être une journée philosophique.
Dans ces conditions là, il faudra surtout être patient et opportuniste. Ce genre de journée peut paraître tranquille, mais elle demande en réalité beaucoup d’attention et de finesse dans les réglages, il va sûrement se passer pas mal de petites choses… Bref, une journée calme en apparence, mais qui va demander de rester bien concentré. Dans ce type de conditions, l’important sera surtout d’éviter les erreurs et de saisir les opportunités. »