Partie hier à 12 h 55 de Concarneau, la flotte de la Solo Guy Cotten 2026 a vécu une nuit éprouvante sur ce grand parcours, dans des conditions particulièrement hivernales. Après avoir contourné la bouée de l’Occidentale de Sein hier soir, les 40 Figaro Beneteau engagés contournent actuellement le waypoint virtuel Guy Cotten dans le Golfe de Gascogne, et poursuivent désormais leur route au portant en direction de l’île de Groix.
Menés par Loïs Berrehar (Banque Populaire) et le bizuth Paul Cousin (Région Normandie), les concurrents continuent d’évoluer dans une mer formée. Le directeur de course Yann Eliès revient sur cette nuit en mer et sur les conditions attendues pour la journée.

Yann Eliès, directeur de course

« Les concurrents ont enroulé la bouée de l’Occidentale de Sein, située bien à l’ouest de l’île de Sein, hier soir vers 22 heures. Ils sont arrivés là très groupés, dans des conditions de mer assez difficiles. À ce moment-là, la houle était particulièrement marquée : entre 4 et 5 mètres, avec même certains relevés proches de 6 mètres au large de la pointe bretonne. Il a fait très froid cette nuit, et cela met les organismes à rude épreuve.

Malgré tout, le vent restait relativement abordable, entre 15 et 20 nœuds, ce qui a permis aux bateaux de continuer à avancer correctement. Après avoir passé la bouée, les marins ont entamé un long bord quasiment tout droit, en direction du Waypoint Guy Cotten, qu’ils sont actuellement en train de contourner. À ce stade de la course, il n’y a pas vraiment de choix stratégique : l’objectif est simplement d’aller le plus vite possible. Tout se joue dans les détails, dans la précision des réglages et dans la capacité des skippers à rester concentrés.

Et ce n’est pas simple : les nuits sont longues et froides. À cette période de l’année, la nuit tombe vers 19 heures et le jour se lève autour de 7 heures, ce qui fait près de douze heures de nuit en mer. Dans ces conditions encore très hivernales — car on n’est pas tout à fait au printemps — les organismes sont mis à rude épreuve. On peut facilement imaginer les skippers se réfugier quelques instants à l’intérieur du bateau pour récupérer un peu de chaleur et de repos avant de retourner sur le pont. De l’extérieur, il ne s’est peut-être pas passé grand-chose de spectaculaire, mais à bord il y a certainement eu beaucoup d’ajustements et de gestion de l’effort pendant cette nuit difficile.

Le programme de la journée s’annonce plus dynamique : les concurrents devraient pouvoir glisser dans la grande houle de 4 à 5 mètres. Il faut imaginer qu’ils sont maintenant à plus de 150km au large, seuls au milieu de l’océan, avec la mer à 360 degrés autour d’eux. Pour certains marins très expérimentés — notamment ceux qui ont participé au Vendée Globe — ce genre de situation est bien connu. Pour d’autres, c’est une première vraie expérience loin des côtes, dans des conditions assez rudes. 
Ce n’est pas un parcours initiatique officiel, mais ça y ressemble beaucoup. Et malgré la difficulté, il y a fort à parier que beaucoup rentreront avec des étoiles plein les yeux, parce que c’est exactement ce qu’ils sont venus chercher ! »

Selon les derniers routages effectués ce matin, les premiers concurrents sont attendus de retour à Concarneau vers 18h30 ce jeudi soir.